28 juin 2006
Une drôle de journée…
Hier, c’était le victorieux France-Espagne. Mais la journée était bizarre. Plus exactement, tout commença la veille, vers 20H30.
La France en état de crise, les salauds qui tirent sur notre meilleure représentation ! La meilleure représentation étant l’équipe de France de football, et Jacques Chirac la défendait avec autant d’ardeur que pour son premier ministre.
Alors oui, je m’interroge. A l’entendre, ce crime de lèse-majesté est intolérable : critiquer l’équipe de France, relativiser l’évènement sportif, quel drame ! Ces héros qui nous représentent si bien, que ferions-nous sans eux ?
Eh bien, je ne sais pas. Tout notre prestige international se jouerait sur le dos de l’équipe de France ?
Ni cet excès d’honneur : je crois –j’espère- que les joueurs sont conscients qu’ils doivent rejeter cet excès d’honneur,
Ni cet indignité, je crois que c’est indigne de la France d’élever au rang d’ambassadeur de la République des sportifs, avec tout le respect qu’il convient de leur porter ne serait-ce qu’en raison de leur humanité (tout homme a droit au respect).
Bref, je ne comprends pas, je voudrais que l’on m’explique comment on a pu en arriver là : là où le sport dicte notre vie, notre avenir, alors que tout ceux qui ont conscience des intérêts nationaux savent que cela est secondaire, ériger cette équipe en étendard du pays : quel erreur grossière ! La démocratie est-elle si loin de nous ? Oui, ils sont désignés comme représentants par certains, sans élection. Que représentent-ils ? Devant les nations plus pauvres : l’arrogance des pays du Nord, devant les nations plus riches : une certaine forme de prétention. Volontairement ou pas. Mais s’ils devaient avoir un destin victorieux jusqu’à la fin, comment se comporteraient-ils ? Encore beaucoup de pub ? Et après ?
Et Zidane est là, ce nouveau de Gaulle. Remettons les choses à leur place, les bleus ne méritent pas cet excès d’honneur, ils doivent être considérés comme ce qu’ils sont : des sportifs en compétition à l’étranger, comme les handballeurs ou les basketteurs, pas comme des héros, ils n’en sont pas.
LE journal de 13H de TF1 hier (une fois de plus) était tout à fait grand guignolesque.
Alors que le président de la République s’était exprimé la veille au soir, dans la crise que connaît actuellement notre pays cela me paraît important, l’essentiel de ce journal est fait sur le match France-Espagne du soir, avec le logo symbolisant l’édition spéciale (personnellement j’aurais fait une édition spéciale sur l’intervention de Jacques Chirac).
Mais il y a une explication, l’animateur du journal (pas présentateur, Pernaut est tout sauf un journaliste), de ce rendez-vous d’actualité où les faits divers se le disputent aux prises de positions insidieuses, au matraquage idéologique lancinant, pervers et hypocrite, nous rappelle plusieurs fois que le soir « toute la France regardera TF1 ». ET oui, cette dernière est une chaîne commerciale, et en guise d’information, elle fait sa propre publicité, méprisant l’actualité, méprisant le téléspectateur qui est instrumentaliser, transformer en simple objet de consommation. ET pourtant c’est le premier journal de France, et le plus mauvais à n’en pas douter, et France 2 s’en rapproche tout doucement, mais si sûrement.
Hefpé
12:11 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
23 juin 2006
Le temps ne fait rien à l'affaire...
Pour comprendre la note, je vous invite à lire ce lien.
Voilà, lecture faite, que dire? Sinon que certains membres de cette corporation qu'est l'agriculture sont marquées du sceau de la niaiserie, du vide intellectuel qui caractérisent la plus basse des bêtises. Toute société a son quota de débiles profonds.
Mais là, on va au delà de l'entendement, au dela de la pire des haines que l'on puisse imaginer, avec une formulation d'une cruauté inconvenante, indécente, lorsque l'on se rappelle qu'il y a eu deux morts. A ce niveau des abysses de l'indigence intellectuelle, je ne sais quelle solution apporter, quelle solution la société pourrait elle apporter? En l'espèce, une amende c'est déjà pas mal, mais parfois, j'ai bien envie d'être beaucoup plus dur, que la société déverse toute sa capacité répressive sur ceux qui n'ont plus d'autre but que de faire mal, que de détruire, que de mentir.
Renouvellons notre soutien eux contrôleurs et inspecteurs du travail, et notre mépris le plus fort envers ces gens là, auxquels il faudrait partout barrer la route pour les réduire.
Hefpé
19:23 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
18 juin 2006
"Le bal des outrés" d'Eric Halphen
Et oui, je vais vous parler d'un livre. Effacez ces sourires stupides! Car même si là je vous disais que j'essaierai de le faire souvent, cela fait presque un an que je n'ai pas parlé livre. Que voulez-vous, les gens qui les lisent pour moi sont débordés et doivent assurer le service pour la plupart des bloggeurs qui comme moi tentent de se faire passer pour intelligent, mais c'est sans compter sur votre sagacité chers lecteurs!
Donc le dernier (je crois que c’est le dernier) ouvrage d’Eric Halphen, ancien juge d’instruction célèbre. Qui s’est reconverti dans la littérature, la politique… Un touche à tout.
Le sous titre est « Propositions en réponse à ceux qui veulent tuer le juge d’instruction ». Décidemment cela commence bien, puisque l’on pense pareil : « la suppression du juge d’instruction, c’est pas bien ».
C’est en tout état de cause un ouvrage très intéressant car il rétablit des vérités sur des gens comme Georges Fenech, député et ancien juge d’instruction, qui veut en finir avec le dit juge, je ne parle pas des députés de droite pour la peine de mort dans certains cas. Mais plus généralement, cet ouvrage rétablit la vérité de ce qu’est le juge d’instruction. De sa mission, de ses sentiments, de son fonctionnement. Et disons le, de son importance dans les enquêtes, notamment financière, où l’indépendance et la force de caractère son des éléments forts d’une instruction réussie.
Des propositions faites en réponse à l’affaire d’Outreau, qui sont également de nature à renforcer le contrôle sur les magistrats, sans aller jusqu’à créer un climat délétère, mais en rappelant à tous leur rôle, leurs obligations, leurs devoirs.
Car aujourd’hui, l’affaire d’Outreau est passée, les hommes politiques ont tout oublié, l’inspection générale des services judiciaires, et la commission d’enquête parlementaire mettent en avant les vices du fonctionnement de la Justice dans son ensemble, mais on ne fera rien, car c’est cher et tant pis s’il y a un nouvel Outreau, on dira que c’est de la faute des juges, c’est tellement plus simple la démagogie.
Et aujourd’hui, on renvoie Burgaud devant le CSM alors que l’IGSJ ne voyait pas pourquoi.
Le gouvernement fait tout le contraire de ce que préconise les services d’enquêtes ci-dessus mentionnés, alors que les moyens, une vraie réformes sont des axes de travail fondamentaux. A croire qu’au sein de ce gouvernement, le seul axe de travail est la démagogie.
Donc si vous voulez en savoir plus sur des pistes de réformes, Le bal des outrés, Eric Halphen, Editions Privé.
Mon avis est que le livre est intéressant dans son ensemble. Halphen me paraît parfois u peu excessif, mais cela demeure un ouvrage citoyen.
Hefpé
15:35 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Que la bête meurt!
Un peu plus d’une semaine que c’est commencé, et déjà le sentiment d’un ennui profond m’étreint. Le football, dictature sportive jusqu’au 9 juillet prochain, pas d’échappatoire, pas d’évasion, une vraie prison qui ne dit pas son nom.
Tous les media nous en parlent, seule la mort de Devos a pu calmer –temporairement- ces ardeurs sportives… Mais elles reprennent, doucement, un peu comme un avion gros porteur. Doucement, puis de plus en plus vite, jusqu’à en devenir assourdissantes.
Et évidemment le désastre français alimente les conversations de comptoir. Normal, ces champions d’un jour en 98 sont aujourd’hui les vaincus, en tout lieu, en tout temps, ils n’arrivent plus à convaincre, ont-ils jamais convaincu ? Et si 1998 était un rideau de fumée ? Et si ce feu d’artifice de réussite, à trop éblouir, en avait fini par nous aveugler face à la réalité de ce qu’était le jeu de l’équipe de France ?
Mais la je m’avance, je ne suis pas la coupe du monde, pas même les matchs de l’équipe de France… Hérésie ? Anti patriotisme ? Certes non. Réalisme répondrais-je. Comment pourrais-je faire croire que mon patriotisme passe par le football et une équipe qui fait rire ? Qui pendant un temps s’est davantage attachée à la publicité et ses grasses rentrées financières qu’à un beau jeu qui illuminerait la France ! Qui ridiculise le football français selon certains.
Et d’ailleurs, qui croit sincèrement à la moindre chance pour l’équipe de France de gagner ? Qui ?
Cette équipe qui nous la joue « secret défense ». Les joueurs qui sont ces stars qu’on approche pas. Et vous voulez que je les soutienne ? Au nom de quoi ce narcissisme, cette prétention devrait m’amener à les soutenir. Ils sont si loin, et quel service nous rendent-ils ?
Une grosse machine, distante, prétentieuse, méprisante qui observe ce qui se passe autour d’elle. Qui fait la une des journaux et pour quoi ? Pour une victoire il y a 8 ans, et surtout pour des millions d’euros. Et certains viennent nous parler des fonctionnaires, à ceux-là aussi je parlerais volontiers de cohérence intellectuelle !
Ces joueurs qui utilisent leur statut d’idole pour nous faire la leçon, pour prêcher la bonne parole. Comme s’ils y étaient légitimes.
Cette grosse machine qu’est l’équipe de France, je n’ai aucune sympathie pour elle. Qu’elle change, apprenne l’humilité, la simplicité, la réalité. Qu’elle se transforme, se révolutionne, innove, réapprenne le sport et ses vertus.
Cette équipe est fixée au mouvement qui l’a commencé – c'est-à-dire 1998-, elle est finit ! Que la bête meurt, qu’une autre nous apparaisse.
Hefpé
15:15 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02 juin 2006
Ont-ils pu oublier ?
Les articles 398 et 398-1 du code de procédure pénale sont ainsi rédigés :
« Article 398
(Loi nº 75-701 du 6 août 1975 art. 6 Journal Officiel du 7 août 1975 en vigueur le 1er janvier 1976)
(Loi nº 93-2 du 4 janvier 1993 art. 58 Journal Officiel du 5 janvier 1993 en vigueur le 1er janvier 1994)
(Loi nº 93-1013 du 24 août 1993 art. 18 Journal Officiel du 25 août 1993 en vigueur le 2 septembre 1993)
(Loi nº 95-125 du 8 février 1995 art. 36 Journal Officiel du 9 février 1995 en vigueur le 6 mars 1995)
(Loi nº 99-515 du 23 juin 1999 art. 7 Journal Officiel du 24 juin 1999)
Le tribunal correctionnel est composé d'un président et de deux juges.
Lorsqu'un procès paraît de nature à entraîner de longs débats, le président du tribunal de grande instance peut décider qu'un ou plusieurs magistrats du siège supplémentaires assisteront aux débats. Dans le cas où un ou plusieurs magistrats du siège composant le tribunal correctionnel seraient empêchés de suivre les débats jusqu'au prononcé du jugement, ils sont remplacés par le ou les magistrats du siège supplémentaires, dans l'ordre de leur nomination au tribunal de grande instance, en commençant par le plus ancien du rang le plus élevé.
Toutefois, pour le jugement des délits énumérés à l'article 398-1 sauf si la peine encourue, compte tenu de l'état de récidive légale du prévenu, est supérieure à cinq ans d'emprisonnement, il est composé d'un seul de ces magistrats exerçant les pouvoirs conférés au président.
La désignation des magistrats du tribunal correctionnel appelés à statuer dans les conditions prévues à l'alinéa 3 est faite par le président du tribunal de grande instance selon les modalités fixées pour la répartition des juges entre les diverses chambres de ce tribunal ; s'il y a lieu, le président du tribunal correctionnel répartit les affaires entre ces magistrats.
Les décisions prévues au présent article sont des mesures d'administration non susceptibles de recours.
Article 398-1
(Loi nº 72-1226 du 29 décembre 1972 art. 2 Journal Officiel du 30 décembre 1972 en vigueur le 1er janvier 1973)
(Loi nº 92-1336 du 16 décembre 1992 art. 32 Journal Officiel du 23 décembre 1992 en vigueur le 1er mars 1994)
(Loi nº 95-125 du 8 février 1995 art. 37 Journal Officiel du 9 février 1995 en vigueur le 6 mars 1995)
(Loi nº 96-647 du 22 juillet 1996 art. 18 Journal Officiel du 23 juillet 1996)
(Loi nº 2001-602 du 9 juillet 2001 art. 66 X Journal Officiel du 11 juillet 2001)
(Loi nº 2002-1138 du 9 septembre 2002 art. 41 Journal Officiel du 10 septembre 2002)
(Loi nº 2003-495 du 12 juin 2003 art. 3 IV, art. 33 I Journal Officiel du 13 juin 2003)
(Loi nº 2004-204 du 9 mars 2004 art. 129, art. 130 Journal Officiel du 10 mars 2004)
Sont jugés dans les conditions prévues au troisième alinéa de l'article 398 :
1º Les délits prévus par les articles 66 et 69 du décret-loi du 30 octobre 1935 unifiant le droit en matière de chèques et relatif aux cartes de paiement ;
2º Les délits prévus par le code de la route ainsi que, lorsqu'ils sont commis à l'occasion de la conduite d'un véhicule, par les articles 222-19-1, 222-20-1, 223-1 et 434-10 du code pénal ;
3º Les délits en matière de réglementations relatives aux transports terrestres ;
4º Les délits prévus par l'article L. 2339-9 du code de la défense ;
5º Les délits prévus par les articles 222-11, 222-12 (1º à 13º), 222-13 (1º à 13º), 222-16, 222-17, 222-18, 222-32, 225-10-1, 227-3 à 227-11 311-3, 311-4 (1º à 8º), 313-5, 314-5, 314-6, 321-1, 322-1 à 322-4-1, 322-12, 322-13, 322-14, 433-3, premier et deuxième alinéas, 433-5, 433-6 à 433-8, premier alinéa, 433-10, premier alinéa, et 521-1 du code pénal et L. 628 du code de la santé publique ;
6º Les délits prévus par le code rural en matière de chasse, de pêche et de protection de la faune et de la flore et les délits prévus par le décret-loi du 9 janvier 1852 en matière de pêche maritime ;
7º Les délits prévus par le code forestier et par le code de l'urbanisme pour la protection des bois et forêts ;
7º bis Le délit prévu par l'article L. 126-3 du code de la construction et de l'habitation ;
8º Les délits pour lesquels une peine d'emprisonnement n'est pas encourue, à l'exception des délits de presse.(…) »
Cela signifie que dans le cadre du tribunal correctionnel (qui juge les délits), au lieu de trois magistrats, il ne peut y en avoir qu’un seul pour juger les délits énumérés à l’article 398-1 du CPP. Le principe de collégialité est donc remis en question de manière limitative certes, mais pas négligeable, pour des délits dont la peine peut aller jusqu’à 5 ans d’emprisonnement.
Ce principe est relativement récent. Et le législateur qui l’a mis en place avait à cœur d’accélérer le travail de la justice, un seul juge c’est moins contraignant, moins solennel, ça libère d’autres magistrats. Peu importe si la décision est susceptible de baisser en qualité puisque seul, on est moins intelligent qu’à 3, c’est normal, 3 juges c’est la confrontation de 3 conceptions des choses.
Vous l’avez compris, je suis assez attaché à la collégialité.
Mais aujourd’hui, revirement chez le législateur : on veut mettre de la collégialité partout. Au cours de l’instruction, et pour la détention provisoire (pour ce dernier exemple j’applaudis pour le cours de l’instruction je suis plus réservé mais pas nécessairement opposé).
Encore un peu de cohérence intellectuelle (mes lecteurs fidèles savent de quoi je parle), un pas en avant, deux en arrière, c’est la politique du gouvernement. On quitte la collégialité, on y revient, dès qu’il y a un drame on comprend que les moyens d’une bonne justice passent avant les économies dangereuses pour tout justiciable.
Tout cela pour dire que dans notre pays, nous avons perdu quelques bonnes habitudes, le débat contradictoire est aussi en perte de vitesse (il suffit de se reporter à la procédure du plaider-coupable). D’un côté les mots, de l’autre l’action, on constatera qu’il n’y a pas concordance.
Manifestement oui, ils ont oublié.
Hefpé
PS : aujourd'hui, 7 juin 2006, les magistrats des tribunaux administratifs se mettent en grève contre un projet de réforme gouvernemental visant à instaurer un recours plus fréquent au juge unique, et non à la formation collégiale, on fait des économies où on peux.
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