26 juillet 2006

De l’insécurité ordinaire

En cette période estivale, on entend beaucoup parler des dangers des piscines. La loi impose désormais un certain régime de protection pour les personnes fragiles, ce régime s’imposant à tous, dans tous les cas, particuliers et professionnels.

 

J’en parle après avoir entendu une chronique juridique qui en parlait.

 

La loi, si discutable puisse t-elle être, a vocation à s’appliquer à tous (un vieux principe de 1789 qui voudrait que tous soient égaux devant la loi, quelle idée ! Mettre les gueux au niveau des nobles !), que l’on ait ou pas des personnes à risque à charge.

 

Certes, en temps normal, personne ne viendra contrôler un particulier, sauf s’il est établi un manquement aux règles de sécurité dont découlerait une infraction telle la mise en danger de la personne d’autrui, à part sur dénonciation je ne vois pas comment cela arriverait. Auquel cas le procureur de la République pourrait ordonner une enquête et renvoyer devant le tribunal correctionnel l’auteur desdits manquements.

 

Néanmoins, pour les plus irresponsables, prenons un cas d’école. Une noyade accidentelle a lieu chez une personne. Deux cas possibles, soit la personne avait une installation aux normes, ce qui lui évitera tout autre problème que celui qui se posera pour sa conscience.

 

Pour celle qui ne respecte pas la loi, en plus du problème de conscience se posera un problème juridique. En l’espèce, des poursuites pour mise en danger délibérée de la vie d’autrui voire homicide involontaire (3 ans d’emprisonnement et 45000€ d’amende). En effet, le décès ou tout accident entraînant des conséquences graves entraîneront très certainement une enquête, puis une éventuelle comparution devant une juridiction de jugement.

 

 

En conclusion, l’installation des équipements prévus par la loi, outre le fait qu’elle peut éviter de graves accidents, elle pourrait également sauver un portefeuille, voire la liberté d’un propriétaire de piscine.

 

 

 

Référence : Le droit et vous, France Info.

 

 

 

Hefpé

 

25 juillet 2006

Une certaine inconstance

Nicolas Sarkozy en bonne place dans les sondages pour la présidentielle nous montre petit à petit ses cartes avec plus ou moins de sincérité, de manœuvres politiques.
Mais on ne peut s’empêcher de constater une certaine inadéquation avec la tradition française. En effet, depuis longtemps, la France refuse de se plier aux exigences des Etats-Unis, et rejette un alignement sur leurs positions sans réflexion. Ainsi la guerre en Irak est une illustration flagrante.
Cependant, Nicolas Sarkozy se déclare opposé à la guerre en Irak mais regrette que la France s’y soit opposée si clairement. En somme, il regrette qu’elle ait eu le courage de ses opinions. C’est ce qui ressort de son ouvrage. Il joue aussi sur le sentiment « anti américain ». Certes celui-ci existe. Néanmoins il conviendrait de ne pas le transformer. Il y a une méfiance évidente, mais pas un rejet systématique. Le rejet porte surtout sur la tendance hégémonique du gouvernement américain. Il est faux de décrire l’ensemble des français comme anti américains, une sorte de racisme qui ne dirait pas son nom. Nombre de français n’ont rien contre les Etats-Unis et contre le peuple américain, mais rejettent leur volonté de dominer le monde. Sentiment bien normal pour un état souverain tel le notre.
Et pourtant, nombre de ces français présumés anti américains primaires plébiscitent la politique de M. Sarkozy, qui sur la crise libanaise s’est borné à recevoir et répéter la position de George Bush. Le cessez-le-feu apparaît pourtant comme une position raisonnable. En effet, comment négocier avec des roquettes ou des missiles au-dessus de la tête, qui pèsent sur les consciences telle une épée de Damoclès. Alors comment assumer cette contradiction ? On plébiscite un homme en contradiction avec l’opinion globale.



Hefpé

24 juillet 2006

Une lueur de désespoir dans un monde noir

Ce n'est pas gai, mais y a t-il d'autres options? Tout semble bloqué, figé, immuable, malgré les critiques.

 

Les citoyens? Certes ils hurlent, contre tout, et n'importe quoi, mais à force d'hurler "au loup" sans prendre en main les causes, on n'aboutit à la stagnation. Ce billet a une force duale.

 

D'un côté il incite à l'espoir, par la reprise en main de la chose publique. De l'autre, il dépeint une société qui se meurt, malgré toutes les solutions qui peuvent éviter cette extrémité.

 

En effet, la politique au sens traditionnel décline, le militantisme politique n’attire plus. A droite et à gauche la rumeur court : il y aurait des faux adhérents dans les deux plus grandes formations politiques, moyen de se donner davantage de légitimité, notamment dans le choix du candidat. Mais au fond, cette forme d’engagement est résiduelle. Elle semble pourtant consubstantielle à une société démocratique. Car pour peser il faut s’engager, l’engagement est un moyen de se faire entendre. Encore cela requiert-il force de caractère, indépendance d’esprit, rejet de la corruption douce (c'est-à-dire, une corruption des idées par les sentiments notamment). Or, dans les grandes formations, bien souvent, la « tyrannie de la majorité » dont parlait Tocqueville est prégnante, et remise les idées plus audacieuses au placard. Le PS qui se targue d’être le champion des partis de la démocratie est bien évidemment visé, puisque les guerres intestines auxquelles il se livre sont d’une rare bêtise, agitant davantage l’étendard de l’obstination de quelques présidentiables, que celui du développement d’idées politiques fortes. Rocard lui-même qualifie le projet en substance de ridicule.  A l’UMP ce n’est guère mieux, avec un candidat omniprésent qui manipule les media par le biais de ses relations incestueuses avec de grands groupes économiques, qui contrôlent une large partie des media. (Cf la campagne promotionnelle sur son dernier livre, qui selon l’hebdomadaire Marianne relève davantage d’un narcissisme débridé que d’un programme politique. Et les mêmes écueils que pour le PS sont à relever : tyrannie de la majorité, mensonges, démagogie. Bref, tout cela a un arrière goût de 21 avril 2002 (vous savez, cette date que « personne n’oubliera jamais et que tout le monde s’acharne pour que cela ne recommence plus). La question que je me pose est la suivante : sont-ils conscients de ce qui se déroulent à l’heure actuelle dans le pays ? Les troubles sociaux que nous connaissons ne se sont pas résolus par le saint effet de la sacro sainte équipe de France de football. Pourtant, rien ne semble bouger, et je crois qu’effectivement rien ne bouge. A cet égard, on lira le livre de Roland Cayrol : La nuit des politiques, Hachette Littérature.

 

Je disais que les citoyens hurlent, crient contre ce qu’ils croient injuste. Certes… Peut-être serait-il bon de concrétiser cet élan citoyen au quotidien, par l’engagement associatif, l’action personnelle, le vote systématique…

 

Y a-t-il encore de l’espoir ? Seul l’avenir nous l’appendra, mai 2007 sera fort à cet égard. Un candidat se dévoilera t-il comme supérieur, vraiment capable de résoudre les problèmes d’une société qui doute d’elle-même mais qui pourtant dispose de fortes capacités ?

 

Une chose est sûre, la solution est profondément politique.

 

 

Hefpé

 

 

12 juillet 2006

Mort d'un géant

Roger "Syd" Barrett


6 janvier 1946 - 7 juillet 2006
"Shine on you crazy diamond".
Roger "Syd" Barrett
January 6, 1946 - July 7, 2006
Rest in peace


-> go to official Roger Waters site <-


11 juillet 2006

La dégradation du climat social

Avec les victoires de la France au cours du second tour de la coupe du monde de football, on a assisté à des phénomènes absents en 1998, quand la France avait remporté la coupe du monde. D’une manière simpliste, on pourrait considérer que le nombre de « petits cons » comme certains les appellent a augmenté, que la délinquance augmente, et qu’il faut réprimer.

Ce discours simpliste, caricatural est bien présent. Mais que veulent dire ces actes déviants ? Il y a bien évidemment des explications.

Tout d’abord, le climat social se dégrade. Les crises que traverse la France actuellement (CPE, crise du pouvoir, crise parlementaire, modification de l’engagement militant…) créent un climat propice à l’exacerbation de rancoeurs, de violences, de réponses déviantes contre la société dans son ensemble qui ne serait plus capable de répondre aux attentes du peuple français. Un gouvernement autiste, un président de la République en décalage avec son pays, autant d’éléments qui préparent les conditions de bouleversements sociaux. Avec le président, le problème posé est patent. Alors que pendant des semaines on a attendu son arbitrage sur le CPE, puis sur Clearstream, puis sur l’action du premier ministre, puis sur la crise gouvernementale (premier ministre VS ministre de l’intérieur), il ne s’est prononcé que trop longtemps après, avec des réponses parfois décalées (je promulgue la loi sur l’égalité des chances, mais je demande de ne pas appliquer le CPE). Alors que pour l’équipe de France de football, il ne s’est pas fait attendre et il remonte séance tenante dans les sondages. Mais quel acte politique d’envergure a-t-il accomplit pour concourir à la résorption des difficultés sociales ? Aucun, malheureusement. Il ne fait qu’encourager la France, et il redevient sympa, donc on l’aime bien. Où est la cohérence dans ce comportement ? Nul part évidemment. C’est, je pense, une démonstration supplémentaire du décalage entre le président de la République et les attentes réelles des français.
Les violences constatées, elles, ne font pas l’objet de réponses de long terme. On ne voit pas le bout de la crise. On en vient à se demander s’il y a encore de l’espoir. Oui, il y en a. Par une réponse forte de la population face aux politiques, par un engagement massif dans les associations, les partis, par une baisse conséquente de l’abstention, on pourra faire comprendre aux décideurs que le peuple a à cœur de s’emparer de la chose publique, de ne pas la laisser se faire en secret dans le secret des palais de la République.
Ainsi, les violences de la coupe du monde ne sont sans doute qu’une mise en demeure supplémentaire, une sorte d’appel à l’aide, qui bien sûr devra être réprimé dès lors que des infractions ont été commises, mais il ne faudrait pas oublier, au nom d’une démagogie par trop présente sur la scène politique, de donner des réponses de fond, durable, encore une fois, la répression seule ne saurait suffire. Il faut s’interroger sur les motifs profonds de cette violence qui gagne, de ce climat nuisible à la société, répondre clairement par des mesures qui prennent en considération ceux qui se sentent lésés à juste titre.

2007 sera l’année qui permettra ce changement massif, en montrant aux candidats que certes il y a deux grands partis qui structurent la vie politique française, mais si l’on veut un changement, tirer un coup de semonce, il ne faut pas hésiter à voter pour des partis alternatifs, pour dire que ce modèle de société est périmé, qu’il faut en finir avec cette façon de faire de la politique. C’est ainsi que l’on peut changer les choses, pas en se détournant de la politique.

Hefpé

10 juillet 2006

Bravo quand même!

Certes j’ai précédemment critiqué le football, dit que cela devenait excessif, cette déification de l’équipe de France. Et je maintiens  que d’inviter les joueurs de l’équipe de France sur l’argent public, qu’ils aient gagné ou perdu n’est pas normal.

 

Mais, puisque j’ai critiqué avant il faut que je revienne un peu sur des erreurs.

Finalement, nous n’avons plus à rougir de notre équipe de football, même si cela a été laborieux, aujourd’hui, M. Domenech a réussi, je pense, sa mission, malgré les quolibets.

Et cette défaite, si difficile soit elle, ne doit pas faire oublier que c’est déjà une performance : personne ne donnait l’équipe de France en finale de la coupe du monde. Et le sélectionneur a raison, il ne faut pas se réjouir d’une défaite, mais nous devons reconnaître la qualité de cette équipe et de son sélectionneur, lequel a bien réussi à s’imposer malgré les critiques, plus ou moins justifiées. C’est donc un tour de force, et en soi un exploit vu les commentaires que l’on a pu entendre. En continuant à m’opposer aux excès que l’on peut constater dans le football, et notamment la place par trop importante qu’il peut prendre, j’espère que cette défaite n’entraînera pas de nouveaux outrages envers les joueurs ou envers le sélectionneur, et ce dernier, vu l’acharnement qu’il a subi, je dois dire que j'ai une certaine sympathie pour lui.

 

 

 

Hefpé

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