03 août 2006

Ce peuple dont les politiques s’éloignent

J’entendais ce matin sur France Info des commentaires sur le CNE (contrat nouvelle embauche, grand frère du CPE).

Et je repensais à l’état de la France à ce moment, avec une telle mobilisation.

Puis j’ai repensé à la réaction de la majorité parlementaire UMP.

Et j’ai eu peur.

Peur de voir que pour eux, le principal écueil n’était pas cette forte mobilisation, mais le fait que le pouvoir politique -le gouvernement de M. de Villepin- ait revu sa position sur la question. Ils disent que le gouvernement « cède à la pression de la rue », comme si cela était honteux.

 

Mais revenons aux fondamentaux du pouvoir politique. Ce dernier découle de la volonté du peuple, qui doit élire ses représentants, mais le pouvoir émane bien de la nation, c’est la souveraineté nationale.

 

Et dans ce discours qu’on entend à droite, on observe surtout un mépris pour la volonté populaire qui doit exprimer la loi. On entend ce mépris car au lieu de se poser les bonnes questions, à savoir, une telle mobilisation révèle de graves problèmes dans le pays, cette nouvelle disposition législative doit donc faire l’objet de beaucoup de prudence (en l’espèce un dialogue avec les syndicats était un minimum vital), on entend que le gouvernement aurait du décider contre le peuple qui selon les enquêtes d’opinion semblait majoritairement opposé à cette disposition, opinion que renforçaient les mobilisations fréquentes et massives.

 

Bref, au lieu d’écouter le peuple, on le méprise, on parle pour lui. N’a-t-on pas entendu les uns et les autres dire avec beaucoup d’assurance : « Voila ce que veulent les français ! ».

Or, ils semblent, par leurs actes, demander autre chose. Mais on n’en tient pas compte car c’est tellement plus simple d’avancer dans ses certitudes plutôt que d’écouter la voix du peuple, qui de toute façon a toute latitude pour se faire entendre aux élections.

A cet égard, s’il est cohérent, il sanctionnera le parti au pouvoir.

 

Et là on voit que les politiques n’ont pas tenu compte du bouleversement politique qu’a été le 21 avril 2002. Ce rejet massif de la politique traditionnelle, à travers son appareil partisan et ses dérives multiples. On voit que cette demande plus forte d’écoute de chaque citoyen, de prise en compte de sa parole n’a pas nécessairement été retenue par les politiques. On lira d’ailleurs avec intérêt l’ouvrage de Roland Cayrol, La nuit des politiques, déjà cité dans une précédente note.

 

La prochaine échéance présidentielle sera donc fondamentale pour l’avenir de la politique.

Se confortera t-on dans ce système ? Ou choisirons-nous une voie médiane, nouvelle, qui saura mieux reprendre les institutions tombées en désuétudes ?

 

 

Hefpé

 

02 août 2006

Des réactions inconvenantes, stupides, déplacées

Dimanche 30 juillet dernier au Trocadéro à Paris, à l’appel de partis politiques et de syndicats s’est déroulée une manifestation en soutien aux victimes innocentes des attaques israéliennes. Jusque là, c’est plutôt positif.

Mais j’aurais pu faire un énième billet sur la cohérence intellectuelle, ou quelque chose du genre.

Plus particulièrement c’est le bombardement de Cana qui était visé, qui manifestement a surtout eu pour conséquence d’anéantir un certain nombre de civils.

Là où le problème se pose, dans cette manifestation parisienne, est le comportement d’un certain nombre qui brandissait des photos du chef du Hezbollah (Le Monde, Mardi 1er Août 2006). On ne peut voir la de graves dérives en contradiction totale avec ce que la raison réclame. Soutenir un groupe islamiste et terroriste, c’est se mettre au ban de la société française. Car ceux-là ont bien évidemment en tête les principes islamistes que la majorité condamne, une vision restrictive des libertés, notamment envers les femmes ou les homosexuels. Les soutenir, c’est cautionné la barbarie qui tue elle aussi des innocents. Et rien n’excusera jamais la bêtise de c eux qui soutiennent le terrorisme.

Condamner les excès d’Israël, c’est nécessaire, barrer partout la route au terrorisme, tout autant.

 

Encore une fois, le défaut de mesure, la méconnaissance des évènements pousse à une incompréhension majeure, et à des réactions hors de propos.

 

 

Hefpé

01 août 2006

Une histoire bien lourde

Une histoire lourde, un passé du même tonneau, et un passif du même bois.
La crise au Moyen-Orient, entre les forces israéliennes et le Hezbollah semble bien difficile à appréhender. Et peu de gens aident à comprendre, car bien souvent, c’est par le manichéisme que passent les diverses explications.
Les israéliens pour certains, leurs adversaires sont l’un ou l’autre des salauds selon la position de l’intervenant. Et il est bien difficile d’entendre un point de vue médian, non partisan mais tout simplement objectif.
Je n’ai pas la prétention de délivrer une quelconque solution ou explication sur ce problème car les attendus et les conséquences sont tellement multiples, tellement anciens parfois, mêlant l’histoire, la politique, les caractéristiques sociales, sociétales, économiques etc… qu’il est bien compliqué de s’y retrouver.

Une chose est certaine, rien ne justifie que des groupes terroristes tels le Hezbollah s’en prennent à des civils, à des représentations diplomatiques ou d’organisations internationales, quelque soit le fondement, ou les arguments qu’il invoque au soutien de ces actions meurtrières et ne faisant qu’aggraver une situation qui semble déjà désespérer. En outre, rien ne justifie non plus les excès d’Israël lorsqu’il s’en prend à la représentation onusienne alors que les positions lui sont communiquées. Dans Le Monde daté 30-31 juillet 2006, on peut même lire que selon Kofi Annan ces actions pourraient être délibérées.

En conclusion, ce billet ne sert (s’il peut servir à quelque chose tout du moins) qu’à rappeler qu’il faut bien se garder de lancer des jugements à l’emporte pièce, abondant dans l’un ou l’autre sens, en prenant une position manichéenne, tranchante, délibérément provocatrice, aboutissant à lancer des vérités qui n’en ont que l’apparence.



Hefpé

Toutes les notes