25 juillet 2006

Une certaine inconstance

Nicolas Sarkozy en bonne place dans les sondages pour la présidentielle nous montre petit à petit ses cartes avec plus ou moins de sincérité, de manœuvres politiques.
Mais on ne peut s’empêcher de constater une certaine inadéquation avec la tradition française. En effet, depuis longtemps, la France refuse de se plier aux exigences des Etats-Unis, et rejette un alignement sur leurs positions sans réflexion. Ainsi la guerre en Irak est une illustration flagrante.
Cependant, Nicolas Sarkozy se déclare opposé à la guerre en Irak mais regrette que la France s’y soit opposée si clairement. En somme, il regrette qu’elle ait eu le courage de ses opinions. C’est ce qui ressort de son ouvrage. Il joue aussi sur le sentiment « anti américain ». Certes celui-ci existe. Néanmoins il conviendrait de ne pas le transformer. Il y a une méfiance évidente, mais pas un rejet systématique. Le rejet porte surtout sur la tendance hégémonique du gouvernement américain. Il est faux de décrire l’ensemble des français comme anti américains, une sorte de racisme qui ne dirait pas son nom. Nombre de français n’ont rien contre les Etats-Unis et contre le peuple américain, mais rejettent leur volonté de dominer le monde. Sentiment bien normal pour un état souverain tel le notre.
Et pourtant, nombre de ces français présumés anti américains primaires plébiscitent la politique de M. Sarkozy, qui sur la crise libanaise s’est borné à recevoir et répéter la position de George Bush. Le cessez-le-feu apparaît pourtant comme une position raisonnable. En effet, comment négocier avec des roquettes ou des missiles au-dessus de la tête, qui pèsent sur les consciences telle une épée de Damoclès. Alors comment assumer cette contradiction ? On plébiscite un homme en contradiction avec l’opinion globale.



Hefpé

24 juillet 2006

Une lueur de désespoir dans un monde noir

Ce n'est pas gai, mais y a t-il d'autres options? Tout semble bloqué, figé, immuable, malgré les critiques.

 

Les citoyens? Certes ils hurlent, contre tout, et n'importe quoi, mais à force d'hurler "au loup" sans prendre en main les causes, on n'aboutit à la stagnation. Ce billet a une force duale.

 

D'un côté il incite à l'espoir, par la reprise en main de la chose publique. De l'autre, il dépeint une société qui se meurt, malgré toutes les solutions qui peuvent éviter cette extrémité.

 

En effet, la politique au sens traditionnel décline, le militantisme politique n’attire plus. A droite et à gauche la rumeur court : il y aurait des faux adhérents dans les deux plus grandes formations politiques, moyen de se donner davantage de légitimité, notamment dans le choix du candidat. Mais au fond, cette forme d’engagement est résiduelle. Elle semble pourtant consubstantielle à une société démocratique. Car pour peser il faut s’engager, l’engagement est un moyen de se faire entendre. Encore cela requiert-il force de caractère, indépendance d’esprit, rejet de la corruption douce (c'est-à-dire, une corruption des idées par les sentiments notamment). Or, dans les grandes formations, bien souvent, la « tyrannie de la majorité » dont parlait Tocqueville est prégnante, et remise les idées plus audacieuses au placard. Le PS qui se targue d’être le champion des partis de la démocratie est bien évidemment visé, puisque les guerres intestines auxquelles il se livre sont d’une rare bêtise, agitant davantage l’étendard de l’obstination de quelques présidentiables, que celui du développement d’idées politiques fortes. Rocard lui-même qualifie le projet en substance de ridicule.  A l’UMP ce n’est guère mieux, avec un candidat omniprésent qui manipule les media par le biais de ses relations incestueuses avec de grands groupes économiques, qui contrôlent une large partie des media. (Cf la campagne promotionnelle sur son dernier livre, qui selon l’hebdomadaire Marianne relève davantage d’un narcissisme débridé que d’un programme politique. Et les mêmes écueils que pour le PS sont à relever : tyrannie de la majorité, mensonges, démagogie. Bref, tout cela a un arrière goût de 21 avril 2002 (vous savez, cette date que « personne n’oubliera jamais et que tout le monde s’acharne pour que cela ne recommence plus). La question que je me pose est la suivante : sont-ils conscients de ce qui se déroulent à l’heure actuelle dans le pays ? Les troubles sociaux que nous connaissons ne se sont pas résolus par le saint effet de la sacro sainte équipe de France de football. Pourtant, rien ne semble bouger, et je crois qu’effectivement rien ne bouge. A cet égard, on lira le livre de Roland Cayrol : La nuit des politiques, Hachette Littérature.

 

Je disais que les citoyens hurlent, crient contre ce qu’ils croient injuste. Certes… Peut-être serait-il bon de concrétiser cet élan citoyen au quotidien, par l’engagement associatif, l’action personnelle, le vote systématique…

 

Y a-t-il encore de l’espoir ? Seul l’avenir nous l’appendra, mai 2007 sera fort à cet égard. Un candidat se dévoilera t-il comme supérieur, vraiment capable de résoudre les problèmes d’une société qui doute d’elle-même mais qui pourtant dispose de fortes capacités ?

 

Une chose est sûre, la solution est profondément politique.

 

 

Hefpé

 

 

12 juillet 2006

Mort d'un géant

Roger "Syd" Barrett


6 janvier 1946 - 7 juillet 2006
"Shine on you crazy diamond".
Roger "Syd" Barrett
January 6, 1946 - July 7, 2006
Rest in peace


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