11 juillet 2006

La dégradation du climat social

Avec les victoires de la France au cours du second tour de la coupe du monde de football, on a assisté à des phénomènes absents en 1998, quand la France avait remporté la coupe du monde. D’une manière simpliste, on pourrait considérer que le nombre de « petits cons » comme certains les appellent a augmenté, que la délinquance augmente, et qu’il faut réprimer.

Ce discours simpliste, caricatural est bien présent. Mais que veulent dire ces actes déviants ? Il y a bien évidemment des explications.

Tout d’abord, le climat social se dégrade. Les crises que traverse la France actuellement (CPE, crise du pouvoir, crise parlementaire, modification de l’engagement militant…) créent un climat propice à l’exacerbation de rancoeurs, de violences, de réponses déviantes contre la société dans son ensemble qui ne serait plus capable de répondre aux attentes du peuple français. Un gouvernement autiste, un président de la République en décalage avec son pays, autant d’éléments qui préparent les conditions de bouleversements sociaux. Avec le président, le problème posé est patent. Alors que pendant des semaines on a attendu son arbitrage sur le CPE, puis sur Clearstream, puis sur l’action du premier ministre, puis sur la crise gouvernementale (premier ministre VS ministre de l’intérieur), il ne s’est prononcé que trop longtemps après, avec des réponses parfois décalées (je promulgue la loi sur l’égalité des chances, mais je demande de ne pas appliquer le CPE). Alors que pour l’équipe de France de football, il ne s’est pas fait attendre et il remonte séance tenante dans les sondages. Mais quel acte politique d’envergure a-t-il accomplit pour concourir à la résorption des difficultés sociales ? Aucun, malheureusement. Il ne fait qu’encourager la France, et il redevient sympa, donc on l’aime bien. Où est la cohérence dans ce comportement ? Nul part évidemment. C’est, je pense, une démonstration supplémentaire du décalage entre le président de la République et les attentes réelles des français.
Les violences constatées, elles, ne font pas l’objet de réponses de long terme. On ne voit pas le bout de la crise. On en vient à se demander s’il y a encore de l’espoir. Oui, il y en a. Par une réponse forte de la population face aux politiques, par un engagement massif dans les associations, les partis, par une baisse conséquente de l’abstention, on pourra faire comprendre aux décideurs que le peuple a à cœur de s’emparer de la chose publique, de ne pas la laisser se faire en secret dans le secret des palais de la République.
Ainsi, les violences de la coupe du monde ne sont sans doute qu’une mise en demeure supplémentaire, une sorte d’appel à l’aide, qui bien sûr devra être réprimé dès lors que des infractions ont été commises, mais il ne faudrait pas oublier, au nom d’une démagogie par trop présente sur la scène politique, de donner des réponses de fond, durable, encore une fois, la répression seule ne saurait suffire. Il faut s’interroger sur les motifs profonds de cette violence qui gagne, de ce climat nuisible à la société, répondre clairement par des mesures qui prennent en considération ceux qui se sentent lésés à juste titre.

2007 sera l’année qui permettra ce changement massif, en montrant aux candidats que certes il y a deux grands partis qui structurent la vie politique française, mais si l’on veut un changement, tirer un coup de semonce, il ne faut pas hésiter à voter pour des partis alternatifs, pour dire que ce modèle de société est périmé, qu’il faut en finir avec cette façon de faire de la politique. C’est ainsi que l’on peut changer les choses, pas en se détournant de la politique.

Hefpé

10 juillet 2006

Bravo quand même!

Certes j’ai précédemment critiqué le football, dit que cela devenait excessif, cette déification de l’équipe de France. Et je maintiens  que d’inviter les joueurs de l’équipe de France sur l’argent public, qu’ils aient gagné ou perdu n’est pas normal.

 

Mais, puisque j’ai critiqué avant il faut que je revienne un peu sur des erreurs.

Finalement, nous n’avons plus à rougir de notre équipe de football, même si cela a été laborieux, aujourd’hui, M. Domenech a réussi, je pense, sa mission, malgré les quolibets.

Et cette défaite, si difficile soit elle, ne doit pas faire oublier que c’est déjà une performance : personne ne donnait l’équipe de France en finale de la coupe du monde. Et le sélectionneur a raison, il ne faut pas se réjouir d’une défaite, mais nous devons reconnaître la qualité de cette équipe et de son sélectionneur, lequel a bien réussi à s’imposer malgré les critiques, plus ou moins justifiées. C’est donc un tour de force, et en soi un exploit vu les commentaires que l’on a pu entendre. En continuant à m’opposer aux excès que l’on peut constater dans le football, et notamment la place par trop importante qu’il peut prendre, j’espère que cette défaite n’entraînera pas de nouveaux outrages envers les joueurs ou envers le sélectionneur, et ce dernier, vu l’acharnement qu’il a subi, je dois dire que j'ai une certaine sympathie pour lui.

 

 

 

Hefpé

28 juin 2006

Une drôle de journée…

Hier, c’était le victorieux France-Espagne. Mais la journée était bizarre. Plus exactement, tout commença la veille, vers 20H30.

La France en état de crise, les salauds qui tirent sur notre meilleure représentation ! La meilleure représentation étant l’équipe de France de football, et Jacques Chirac la défendait avec autant d’ardeur que pour son premier ministre.

Alors oui, je m’interroge. A l’entendre, ce crime de lèse-majesté est intolérable : critiquer l’équipe de France, relativiser l’évènement sportif, quel drame ! Ces héros qui nous représentent si bien, que ferions-nous sans eux ?

Eh bien, je ne sais pas. Tout notre prestige international se jouerait sur le dos de l’équipe de France ?

Ni cet excès d’honneur : je crois –j’espère- que les joueurs sont conscients qu’ils doivent rejeter cet excès d’honneur,

Ni cet indignité, je crois que c’est indigne de la France d’élever au rang d’ambassadeur de la République des sportifs, avec tout le respect qu’il convient de leur porter ne serait-ce qu’en raison de leur humanité (tout homme a droit au respect).

Bref, je ne comprends pas, je voudrais que l’on m’explique comment on a pu en arriver là : là où le sport dicte notre vie, notre avenir, alors que tout ceux qui ont conscience des intérêts nationaux savent que cela est secondaire, ériger cette équipe en étendard du pays : quel erreur grossière ! La démocratie est-elle si loin de nous ? Oui, ils sont désignés comme représentants par certains, sans élection. Que représentent-ils ? Devant les nations plus pauvres : l’arrogance des pays du Nord, devant les nations plus riches : une certaine forme de prétention. Volontairement ou pas. Mais s’ils devaient avoir un destin victorieux jusqu’à la fin, comment se comporteraient-ils ? Encore beaucoup de pub ? Et après ?

Et Zidane est là, ce nouveau de Gaulle. Remettons les choses à leur place, les bleus ne méritent pas cet excès d’honneur, ils doivent être considérés comme ce qu’ils sont : des sportifs en compétition à l’étranger, comme les handballeurs ou les basketteurs, pas comme des héros, ils n’en sont pas.

 

 

LE journal de 13H de TF1 hier (une fois de plus) était tout à fait grand guignolesque.

Alors que le président de la République s’était exprimé la veille au soir, dans la crise que connaît actuellement notre pays cela me paraît important, l’essentiel de ce journal est fait sur le match France-Espagne du soir, avec le logo symbolisant l’édition spéciale (personnellement j’aurais fait une édition spéciale sur l’intervention de Jacques Chirac).

Mais il y a une explication, l’animateur du journal (pas présentateur, Pernaut est tout sauf un journaliste), de ce rendez-vous d’actualité où les faits divers se le disputent aux prises de positions insidieuses, au matraquage idéologique lancinant, pervers et hypocrite, nous rappelle plusieurs fois que le soir « toute la France regardera TF1 ». ET oui, cette dernière est une chaîne commerciale, et en guise d’information, elle fait sa propre publicité, méprisant l’actualité, méprisant le téléspectateur qui est instrumentaliser, transformer en simple objet de consommation. ET pourtant c’est le premier journal de France, et le plus mauvais à n’en pas douter, et France 2 s’en rapproche tout doucement, mais si sûrement.

 

Hefpé