04 octobre 2006

Eric de Montgolfier

Eric de Montgolfier

Un peu de publicité pour quelqu'un que j'admire particulièrement.

Je parle d'Eric de Montgolfier, procureur de la République près le TGI de Nice. Celui qui a courageusement combattu pour une Justice saine, fière du principe d'égalité,  faisant fi des pressions politiques parle.

On a tout fait pour le décourager, le réduire, lui barrer la route. Notamment par un rapport qui a fait grand bruit. Mais celui qui a rappelé aux puissants que la Justice ne s’adressait pas qu’aux plus faibles à, au final, payer les conséquences de ses actes de courages. Alors que tous ses prédécesseurs se voyaient proposer un poste de procureur général, on ne lui a proposé que celui d’avocat général. On aura du mal à y voir autre chose qu’une sanction d’origine politique. Mais jamais il n’a cédé.

Et cet homme dont la sagesse est incontestable, qui s’exprime avec ce ton posé, qui a combattu pour la Justice, aujourd’hui parle.

Dans un ouvrage qui devrait sortir le 12 octobre prochain, intitulé Le devoir de déplaire, aux éditions Michel Lafon, il s’exprime pour la première fois.

La suite quand je l’aurai lu !

Hefpé

 

18 juin 2006

"Le bal des outrés" d'Eric Halphen

Et oui, je vais vous parler d'un livre. Effacez ces sourires stupides! Car même si je vous disais que j'essaierai de le faire souvent, cela fait presque un an que je n'ai pas parlé livre. Que voulez-vous, les gens qui les lisent pour moi sont débordés et doivent assurer le service pour la plupart des bloggeurs qui comme moi tentent de se faire passer pour intelligent, mais c'est sans compter sur votre sagacité chers lecteurs!

 

Donc le dernier (je crois que c’est le dernier) ouvrage d’Eric Halphen, ancien juge d’instruction célèbre. Qui s’est reconverti dans la littérature, la politique… Un touche à tout.

Le sous titre est « Propositions en réponse à ceux qui veulent tuer le juge d’instruction ». Décidemment cela commence bien, puisque l’on pense pareil : « la suppression du juge d’instruction, c’est pas bien ».

C’est en tout état de cause un ouvrage très intéressant car il rétablit des vérités sur des gens comme Georges Fenech, député et ancien juge d’instruction, qui veut en finir avec le dit juge, je ne parle pas des députés de droite pour la peine de mort dans certains cas. Mais plus généralement, cet ouvrage rétablit la vérité de ce qu’est le juge d’instruction. De sa mission, de ses sentiments, de son fonctionnement. Et disons le, de son importance dans les enquêtes, notamment financière, où l’indépendance et la force de caractère son des éléments forts d’une instruction réussie.

Des propositions faites en réponse à l’affaire d’Outreau, qui sont également de nature à renforcer le contrôle sur les magistrats, sans aller jusqu’à créer un climat délétère, mais en rappelant à tous leur rôle, leurs obligations, leurs devoirs.

Car aujourd’hui, l’affaire d’Outreau est passée, les hommes politiques ont tout oublié, l’inspection générale des services judiciaires, et la commission d’enquête parlementaire mettent en avant les vices du fonctionnement de la Justice dans son ensemble, mais on ne fera rien, car c’est cher et tant pis s’il y a un nouvel Outreau, on dira que c’est de la faute des juges, c’est tellement plus simple la démagogie.

Et aujourd’hui, on renvoie Burgaud devant le CSM alors que l’IGSJ ne voyait pas pourquoi.

Le gouvernement fait tout le contraire de ce que préconise les services d’enquêtes ci-dessus mentionnés, alors que les moyens, une vraie réformes sont des axes de travail fondamentaux. A croire qu’au sein de ce gouvernement, le seul axe de travail est la démagogie.

 

Donc si vous voulez en savoir plus sur des pistes de réformes, Le bal des outrés, Eric Halphen, Editions Privé.

Mon avis est que le livre est intéressant dans son ensemble. Halphen me paraît parfois u peu excessif, mais cela demeure un ouvrage citoyen.

 

Hefpé

25 août 2005

Un peu de lecture

J’ai décidé aujourd’hui de vous faire partager quelques unes de mes lectures. A l’occasion j’écrirai un billet pour vous faire part de mon opinion sur un livre que j’ai pu lire, pas forcément récemment, mais je tiens aussi à vous faire partager mon goût de la nostalgie.

 

ON NE REVEILLE PAS UN JUGE QUI DORT, Gilbert THIEL, Daniel CARTON, 2002, Fayard.

 

 

Voilà un livre bien intéressant. Je ne vous ait que peu parler de la Justice et de la propension de certaines personnes à ne pas ou à mal la comprendre. Brièvement, ce livre écrit par un magistrat du TGI de Paris, est la résultante de 25 ans de magistrature et de nombreuses grandes affaires criminelles, ou terroristes. A travers ces affaires, il revient sur les erreurs de la Justice (les magistrats sont encore des humains, et l’erreur est humaine n’en déplaise à notre sarko favori). Mais aussi sur la lourde responsabilité des hommes politiques qui ont beau jeu de parler de la Justice et de ses magistrats comme des réactionnaires de première classe. Ce n’est plus vrai !

Pour comprendre cela, un peu d’histoire. Mai 68, « sous les pavés la plage », « interdit d’interdire»… Tous ces slogans qui rappellent une époque bien mouvementée (instant nostalgique, arrêtez-vous de lire et imaginez-vous sur les barricades, sauf si vous êtes de la police, auquel cas imaginez un pavé volant comme un « oiseau gris » arriver droit sur votre casque), ne rappelle pas nécessairement le combat mené par les magistrats eux-mêmes, syndicat de la magistrature en tête pour que les magistrats et les notables n’aient plus de liens incestueux.

Bref, le juge Thiel (prononcez Til, sinon il se fâche) essaye d’expliquer les problèmes de l’insuffisance législative notamment en matière criminelle face à des criminelles récidivistes dont les empreintes génétiques ont été un grand débat. Les guerres des polices en Corse, les guerres entre magistrats, qui nuisent considérablement même si elles sont peu fréquentes, et aux enquêtes, et à l’image de la Justice et son fonctionnement en général, y compris au civil, point également abordé.

Dernier point significatif, les journalistes. Longuement évoqué, ce problème met en exergue les difficultés des magistrats à communiquer car certains journalistes n’ont aucune considération pour la déontologie de leur métier, la recherche du scoop contre l’intérêt de la société. Les rapports presse/magistrats, rapports parfois trop intimes, sont longuement discutés entre Daniel Carton (lui-même journaliste) et Gilbert Thiel (car c’est un livre qui repose sur une structure dialectique).

Donc un livre à lire si ce n’est déjà fait, et à acheter (les salaires des magistrats ne sont plus ce qu’ils étaient), ne serait-ce que pour faire l’effort de comprendre un peu mieux la Justice et son fonctionnement. Car dans une société où certains ministres n’ont de cesse de tenter de faire à croire à des arguments fallacieux sur une hypothétique responsabilité des magistrats, dans des cas où seul l’incompétence supposée du législateur est à mettre en cause, il est du devoir de tous de se documenter, de comprendre les institutions, pour que le populisme et la démagogie ne passent pas.

Pour les derniers réfractaires, notons que ce livre ne s’adresse nullement aux professionnels, aucune compétence en droit n’est requise, juste un peu de curiosité.

 

HEFPE