13 janvier 2007

Jean-François Copé, promis il arrête la langue de bois… mais pas les inepties

C’est sur, la langue de bois c’est fini puisqu’il le dit ici.

 

Pour se rattraper, il dit donc n’importe quoi, nul n’étant parfait, il ne saurait déroger à la règle. Pour ceux qui aime Gabin, peut être ira-t-il sur orbite et il a pas fini de tourner.

 

Pourquoi ce courroux vous demandez-vous ?

Alors que M. Hollande, veut augmenter l’impôt sur le revenu pour les salaires supérieurs à 4000€, M. Copé, fort agacé, répond qu’un professeur certifié en fin de carrière verrait donc ses impôts augmenter, comme un conducteur de TGV en fin de carrière…

Or, France Info a eu la bonne idée de diffuser les témoignages de ces gens là, un professeur certifié en fin de carrière au plus haut échelon gagne un peu moins de 3000€, un conducteur TGV un peu plus, mais bien loin des 4000€ dont parle M. Copé. Comme quoi, dans l’équipe Sarkozy, tout est bon pour gagner, y compris dire n’importe quoi, sans se renseigner.

 

 

Hefpé

03 septembre 2006

Vers une remise en question du droit de grève

C’est une idée qui semble faire son chemin. Jusqu’alors considéré comme un droit individuel par la Constitution, on voudrait lui donner un caractère collectif : les minorités opprimés ne pourraient plus se révolter sans l’accord d’une majorité ne connaissant pas nécessairement les mêmes problèmes, et n’y étant pas forcément sensible (une sorte de tyrannie de la majorité évoquée par Tocqueville).

Nicolas Sarkozy, devant un parterre tout à leur joie, entend bien collectiviser ce droit pour le limiter, le réduire.

Certes, on peut se plaindre de la grève dès lors qu’elle semble abusive, ou qu’elle semble méconnaître les difficultés qu’elle peut entraîner (comme dans les transports). Néanmoins, sans elle, les régressions sociales ne pourraient que se succéder et tout gouvernement se permettrait de faire fi de l’opinion des principaux concernés.

Tout d’abord, une grève ne doit pas servir avant la négociation, toute tentative de banalisation la rendrait malvenue, la viderait de sa substance. Car ce qui fait la force de cet acte, c’est son caractère exceptionnel, déstabilisant. Mais on s’y habitue tellement que seul l’agacement est parfois au rendez-vous. Pour tirer un coup de semonce, on pourrait imaginer de nouvelles méthodes pour faire grève. Ainsi, si l’on prend l’exemple de l’Allemagne, les syndicats après un délai de négociations, si ces dernières se sont révélées infructueuses peuvent appeler à une grève d’une heure, ainsi donner un avertissement. Et c’est seulement après qu’un arrêt de travail plus classique pour nous peut se mettre en place. L’idée est de donner effectivement la priorité aux négociations.

 

Le concept de « grève collective » que semble appeler de ses vœux M. Sarkozy me semble profondément inacceptable. Car comme je l’indiquais plus haut, si jamais une minorité est concernée par une mesure, il faudra qu’elle puisse compter sur le bon vouloir d’une majorité pour entamer une action de grève, cette dernière devant être votée à bulletin secret. C’est profondément contraire à l’esprit de la Constitution qui voit en la grève un droit individuel.

Mais ce qui pourrait être amusant c’est l’hypothèse dans laquelle une majorité des votants se prononce pour la grève : da facto, comme l’indique Philippe Brun (avocat spécialiste du droit du travail) dans le Monde daté du 2 septembre, l’ensemble de l’entreprise serait bloquée, et là M. Sarkozy est presque d’extrême gauche. Car on en revient à un système majoritaire tyrannique, qui méprise l’opinion d’une minorité. La boucle est bouclée, belote, rebelote. Et un blocage total d’une entreprise telle la SNCF… Capot ! Comme on dit à la belote.

 

Bref c’est globalement une mesure méprisante de l’intérêt des minorités, qui enferme l’action syndicale dans un carcan susceptible de réduire son champ d’action (notamment en raison du faible taux de syndicalisation dans ce pays), et qui donne la part belle aux patrons. Car une mesure prise à l’encontre d’une minorité ne verra pas ou peu d’opposition, car l’éloignement de la majorité de ces questions plombera un débat juste et sensé.

 

Cependant, devant les patrons, il faut bien faire un peu de « lèche » !

 

 

Hefpé

03 août 2006

Ce peuple dont les politiques s’éloignent

J’entendais ce matin sur France Info des commentaires sur le CNE (contrat nouvelle embauche, grand frère du CPE).

Et je repensais à l’état de la France à ce moment, avec une telle mobilisation.

Puis j’ai repensé à la réaction de la majorité parlementaire UMP.

Et j’ai eu peur.

Peur de voir que pour eux, le principal écueil n’était pas cette forte mobilisation, mais le fait que le pouvoir politique -le gouvernement de M. de Villepin- ait revu sa position sur la question. Ils disent que le gouvernement « cède à la pression de la rue », comme si cela était honteux.

 

Mais revenons aux fondamentaux du pouvoir politique. Ce dernier découle de la volonté du peuple, qui doit élire ses représentants, mais le pouvoir émane bien de la nation, c’est la souveraineté nationale.

 

Et dans ce discours qu’on entend à droite, on observe surtout un mépris pour la volonté populaire qui doit exprimer la loi. On entend ce mépris car au lieu de se poser les bonnes questions, à savoir, une telle mobilisation révèle de graves problèmes dans le pays, cette nouvelle disposition législative doit donc faire l’objet de beaucoup de prudence (en l’espèce un dialogue avec les syndicats était un minimum vital), on entend que le gouvernement aurait du décider contre le peuple qui selon les enquêtes d’opinion semblait majoritairement opposé à cette disposition, opinion que renforçaient les mobilisations fréquentes et massives.

 

Bref, au lieu d’écouter le peuple, on le méprise, on parle pour lui. N’a-t-on pas entendu les uns et les autres dire avec beaucoup d’assurance : « Voila ce que veulent les français ! ».

Or, ils semblent, par leurs actes, demander autre chose. Mais on n’en tient pas compte car c’est tellement plus simple d’avancer dans ses certitudes plutôt que d’écouter la voix du peuple, qui de toute façon a toute latitude pour se faire entendre aux élections.

A cet égard, s’il est cohérent, il sanctionnera le parti au pouvoir.

 

Et là on voit que les politiques n’ont pas tenu compte du bouleversement politique qu’a été le 21 avril 2002. Ce rejet massif de la politique traditionnelle, à travers son appareil partisan et ses dérives multiples. On voit que cette demande plus forte d’écoute de chaque citoyen, de prise en compte de sa parole n’a pas nécessairement été retenue par les politiques. On lira d’ailleurs avec intérêt l’ouvrage de Roland Cayrol, La nuit des politiques, déjà cité dans une précédente note.

 

La prochaine échéance présidentielle sera donc fondamentale pour l’avenir de la politique.

Se confortera t-on dans ce système ? Ou choisirons-nous une voie médiane, nouvelle, qui saura mieux reprendre les institutions tombées en désuétudes ?

 

 

Hefpé

 

25 juillet 2006

Une certaine inconstance

Nicolas Sarkozy en bonne place dans les sondages pour la présidentielle nous montre petit à petit ses cartes avec plus ou moins de sincérité, de manœuvres politiques.
Mais on ne peut s’empêcher de constater une certaine inadéquation avec la tradition française. En effet, depuis longtemps, la France refuse de se plier aux exigences des Etats-Unis, et rejette un alignement sur leurs positions sans réflexion. Ainsi la guerre en Irak est une illustration flagrante.
Cependant, Nicolas Sarkozy se déclare opposé à la guerre en Irak mais regrette que la France s’y soit opposée si clairement. En somme, il regrette qu’elle ait eu le courage de ses opinions. C’est ce qui ressort de son ouvrage. Il joue aussi sur le sentiment « anti américain ». Certes celui-ci existe. Néanmoins il conviendrait de ne pas le transformer. Il y a une méfiance évidente, mais pas un rejet systématique. Le rejet porte surtout sur la tendance hégémonique du gouvernement américain. Il est faux de décrire l’ensemble des français comme anti américains, une sorte de racisme qui ne dirait pas son nom. Nombre de français n’ont rien contre les Etats-Unis et contre le peuple américain, mais rejettent leur volonté de dominer le monde. Sentiment bien normal pour un état souverain tel le notre.
Et pourtant, nombre de ces français présumés anti américains primaires plébiscitent la politique de M. Sarkozy, qui sur la crise libanaise s’est borné à recevoir et répéter la position de George Bush. Le cessez-le-feu apparaît pourtant comme une position raisonnable. En effet, comment négocier avec des roquettes ou des missiles au-dessus de la tête, qui pèsent sur les consciences telle une épée de Damoclès. Alors comment assumer cette contradiction ? On plébiscite un homme en contradiction avec l’opinion globale.



Hefpé

22 mai 2006

Bernard Accoyer, un grand démocrate

Le président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale a déclaré en parlant du maire UDF d'Annecy : "Ils vont le payer. Bernard Bosson peut faire une croix sur sa mairie d'Annecy".

L'article 27 de la Constitution dispose : "Tout mandat impératif est nul. Le droit de vote des membres du Parlement est personnel".

En gros, cela signifie qu'aucun député ne saurait être sanctionné pour ses prises de position, surtout quand -c'est le cas ici- il fait passer les intérêts supérieurs de la nation avant les intérêts politiciens. C'est aussi cela la démocratie, à l'UMP, on a oublié.

 

Hefpé 

21 mai 2006

Une nouvelle voix politique ?

Mardi dernier, la nouvelle a été rude pour l’UMP. Menaces contre les centristes qui ont voté la motion de censure.

Bernard Accoyer en tête, une chose est sûre, les UDF le regretteront.

François Bayrou est-il fou ? Ou tout simplement responsable ?

Certes, on peut penser que l’opportunisme politique n’est pas absolument absent. Mais le doute doit lui profiter, et gageons que lorsque le pouvoir est à ce point délabré, on peut se demander si l’intérêt supérieur de la nation ne commande pas un tel vote.

En outre, on parle de « revirement à gauche » des UDF… Parlons plus volontiers d’un revirement au centre. L’UDF commence, semble t-il, à trouver sa place sur l’échiquier politique, et n’essaie plus d’imiter la droite. Espérons simplement qu’elle ne cherchera pas à imiter la gauche.

Et si l’avenir était au-delà du clivage gauche/droite qui structure notre vie politique ? Si l’avenir était d’en finir avec les manœuvres politiciennes, les affirmations démagogiques ?

Une grande majorité des français ne fait confiance ni à la gauche ni à la droite pour résoudre les problèmes qu’ils connaissent. Un parti au pouvoir, l’autre dans l’opposition, le premier ne disant que du bien de son leader et du gouvernement, le second applaudissant tout ce qui ressemble à une politique opposée à celle qui est choisie par la majorité, une bonne dose de dogmatisme, un peu de démagogie, et la recette de la Cinquième République est trouvée. De Gaulle est mort, sa République avec.

Alors une nouvelle voie ? Pourquoi pas ? De nouvelles formules politiques, une Sixième République, des réformes en profondeurs, avec du dialogue, et beaucoup de justesse. Avec de vrais hommes politiques, qui vont au-delà des clivages, qui recherchent l’intérêt du pays, dans le dialogue, dans le temps. Car le temps politique ne saurait être le temps médiatique. On ne règle pas les problèmes d’un pays devant les caméras de télévision. On les règle sans grand spectacle car les résultats sont longs à attendre, et le dire c’est combattre la démagogie de certains comme M. Sarkozy.

Alors si l’UDF ouvre une nouvelle voie, encourageons la, offrons nous la perspective d’une nouvelle formule, car à droite ou à gauche, la confiance que l’on peut leur allouer est tout de même dépendante de leur volonté à dire les choses, mais d’un côté ou de l’autre, le formatage, la pensée unique sont à l’œuvre.

Alors une nouvelle pensée, c’est oui M. Bayrou ! A vous d’être digne d’une éventuelle confiance que les français vous accorderait. Et ne tombons pas dans un travers : « On raillait ce siècle, ce qui dispensait de le comprendre » disait Victor Hugo, ne raillons pas l’UDF, comprenons, jugeons, votons.

 

Hefpé

Ils n'ont rien compris !

Comme le général de Gaulle disait « Je vous ai compris » aux pieds noirs, nous pouvons dire aux hommes politiques qu’ils n’ont rien compris !

Il y a encore peu de temps, on remettait le principe de présomption d’innocence en sacro sainte valeur -ce qui n’est pas un tort- mais aujourd’hui, la politique nous montre la conception qu’elle en a : une conception à géométrie variable.

Outreau faisait prendre conscience aux uns et aux autres qu’il convenait d’être prudent en matière judiciaire car la justice c’est important, et c’est dangereux quand on crie « au loup » n’importe quand.

Un p’tit clearstream et puis s’en va, toutes les belles paroles s’envolent vers l’erreur. Pas judiciaire. Ce ne sont pas les juges qui ont déclaré qui que ce soit coupable dans ce dossier, et il serait bon de laisser le temps judiciaire faire son œuvre. Le temps politique, le temps médiatique nous font beaucoup de mal dans ces affaires. Villepin est un salaud, Sarkozy une pauvre victime. Les choses ne semblent en réalité pas aussi simples au regard des différents éléments de l’espèce. Mais tant pis, la présidentielle approche, on tire sur tout ce qui bouge, au mépris des principes démocratiques garantissant l’exercice nécessairement serein de la Justice.

La cohérence intellectuelle, c’est dur !

 

Hefpé

09 mai 2006

Un peu de pub (clearstream)

Voici un lien que je vous conseil sur l'affaire CLearstream, vue par Maître Eolas. 

 

http://maitre.eolas.free.fr/journal/index.php?2006/05/09/344-and-the-winner-is#tb

Villepin dans la tourmente, la France dans le tourbillon médiatique

« Toutes les explications du monde ne justifieront pas qu’on ait pu livrer aux chiens l’honneur d’un homme… » Ainsi, lors de l’enterrement de Pierre Bérégovoy, était rédigé le discours, prononcé en hommage de l’ancien premier ministre, de François Mitterrand. Aujourd’hui, à la lumière des affaires passées, de la tragédie que constituent certaines, de l’emballement médiatique qui, convenons-en, a trop souvent fait des victimes, nous ne pouvons que constater l’irresponsabilité d’une certaine partie de la classe politique.

L’affaire Clearstream doit être instruite, la Justice doit passer, elle est seule compétente pour dire qui est coupable. Déjà avec Roger Salengro, puis plus récemment avec Pierre Bérégovoy on a pu voir les drames susceptibles de découler d’un emballement médiatique, et de l’irresponsabilité de quelques hommes prétendus hommes politiques, mais qui ne sont bien que des politiciens, des adeptes de la politique politicienne, la politique qui n’en a que l’apparence, mais qui au fond n’est guère plus que des querelles de bas étage, méprisant la noblesse de la Politique, et de son utilité.

 

A la lumière de ce que nous avons comme éléments dans ce dossier, personne ne devrait s’empresser de demander la tête du premier ministre, quelques soient ses erreurs passées. L’affaire Clearstream demeure très obscur, et rien n’autorise personne à méconnaître le principe de présomption d’innocence qui s’appliquera à Dominique de Villepin tant qu’il ne sera pas condamné. N’ayons pas la mémoire courte, il y a quelques mois nous érigions le sacro-saint principe de présomption d’innocence en nécessité absolue à la suite de l’affaire d’Outreau, et déjà à cette date nous l’avons oublié ! La retenue et le respect des principes républicains et démocratiques nous exhortent à ne pas céder à l’aveuglement, à ne pas crier avec les loups, à ne pas « livrer aux chiens l’honneur d’un homme ».

 

Certes, le rôle de Dominique de Villepin semble suspect, ses explications sont contradictoires, mais en tout état de cause, seule la Justice sera habilitée à prendre une décision, et seule la loi pourra être à son fondement. L’esprit de la démocratie nous l’impose. La démission du premier ministre serait un non-sens : à l’heure où l’on tente de faire réintégrer dans la conscience collective l’importance de l’innocence présumée de tout un chacun, un tel acte conduirait inéluctablement l’opinion publique à faire l’amalgame entre cette démission et une éventuelle culpabilité sur une éventuelle infraction pénale.

 

Donc c’est sans avoir égard au fond de la politique de M. de Villepin que nous affirmons ici, aujourd’hui : il ne doit pas démissionner !

 

Hefpé

25 février 2006

Les magistrats de la Cour d’Appel de Douai mettent en cause le législateur

Enfin la responsabilité du législateur est remise en cause.

Après plusieurs semaines de débat, il semblerait que les responsabilités dans l’affaire d’Outreau, jusqu’alors évoquées de manière parcellaire, soient enfin appréhendés d’une manière plus globale, donc plus juste.

Les juges de la chambre de l’instruction ont en effet mis l’accent sur le contexte sécuritaire dans lequel des décisions de placement en détention provisoire ont été prises. Ainsi, la politique sécuritaire est mise en cause, et par ce biais, on peut aisément en déduire que c’est l’action actuelle de Nicolas Sarkozy qui peut être attaquée, en démontrant ses carences, et ses risques. Dans l’esprit de certains, il apparaissait peu choquant de voir d’éventuels innocents placés en détention, pour un soi-disant gain de l’ordre public. On voit qu’il n’en est rien. Car en l’espèce, c’est bien l’ordre public qui a été troublé par la prison.

Mais il faudra beaucoup de courage politique pour expliquer cela.

 

Hefpé

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