06 juin 2007
Agression d'un magistrat à Metz
Je n’écris plus sur ce blog par manque de temps, mais aujourd’hui, je ne peux m’empêcher de le faire même si je n’ai pas davantage de temps.
L’agression, hier matin, au TGI de Metz ne peut laisser quiconque indifférent. Le Vice-Président du TGI, président du tribunal pour enfants, a été victime de trois coups de poignard suite à une décision civil de placement de mineurs en danger.
Le droit civil, c’est le droit de la civilisation. Il est l’antichambre du droit pénal, il permet d’éviter qu’un conflit privé ne dégénère en conflit intéressant l’ensemble de la société. La Justice civile mérite la plus haute considération et les meilleurs moyens.
Je me joins à tous les messages de soutien adressés à M. Noris. Je lui adresse mes vœux de prompt rétablissement.
J’adresse mon soutien à tous les magistrats, tous les fonctionnaires de justice dont les greffiers, ainsi qu’à tous les auxiliaires de justice dont les avocats qui partagent cette stupéfaction et cette horreur face à une agression dont un magistrat a été victime. J’imagine avec émotion leur douleur.
Je me joins sans réserve aux syndicats de magistrats pour qu’ils puissent obtenir toutes mesures utiles à la sécurisation des palais de justice ainsi qu’au rétablissement de la sérénité consubstantielle à la fonction de juger.
J’espère, qu’enfin, la justice sera considérée comme une priorité.
Tous les citoyens doivent manifester leur attachement à la République en soutenant ce magistrat, et en appelant, avec force, les politiques afin que ces derniers face enfin des palais de justice, lieu naturel de concentration des tensions, des passions, des endroits où la justice peut être rendue dans le calme. C’est la notion même du Juste qui en dépend. A la fois la justice comme principe et comme institution sont en danger si de telles situations ne sont pas rendues impossibles par tous moyens utiles et conforme à l’esprit du Droit.
Hefpé
13:47 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : justice, metz, magistrat, agression, tribunal, noris
24 juillet 2006
Une lueur de désespoir dans un monde noir
Les citoyens? Certes ils hurlent, contre tout, et n'importe quoi, mais à force d'hurler "au loup" sans prendre en main les causes, on n'aboutit à la stagnation. Ce billet a une force duale.
D'un côté il incite à l'espoir, par la reprise en main de la chose publique. De l'autre, il dépeint une société qui se meurt, malgré toutes les solutions qui peuvent éviter cette extrémité.
En effet, la politique au sens traditionnel décline, le militantisme politique n’attire plus. A droite et à gauche la rumeur court : il y aurait des faux adhérents dans les deux plus grandes formations politiques, moyen de se donner davantage de légitimité, notamment dans le choix du candidat. Mais au fond, cette forme d’engagement est résiduelle. Elle semble pourtant consubstantielle à une société démocratique. Car pour peser il faut s’engager, l’engagement est un moyen de se faire entendre. Encore cela requiert-il force de caractère, indépendance d’esprit, rejet de la corruption douce (c'est-à-dire, une corruption des idées par les sentiments notamment). Or, dans les grandes formations, bien souvent, la « tyrannie de la majorité » dont parlait Tocqueville est prégnante, et remise les idées plus audacieuses au placard. Le PS qui se targue d’être le champion des partis de la démocratie est bien évidemment visé, puisque les guerres intestines auxquelles il se livre sont d’une rare bêtise, agitant davantage l’étendard de l’obstination de quelques présidentiables, que celui du développement d’idées politiques fortes. Rocard lui-même qualifie le projet en substance de ridicule. A l’UMP ce n’est guère mieux, avec un candidat omniprésent qui manipule les media par le biais de ses relations incestueuses avec de grands groupes économiques, qui contrôlent une large partie des media. (Cf la campagne promotionnelle sur son dernier livre, qui selon l’hebdomadaire Marianne relève davantage d’un narcissisme débridé que d’un programme politique. Et les mêmes écueils que pour le PS sont à relever : tyrannie de la majorité, mensonges, démagogie. Bref, tout cela a un arrière goût de 21 avril 2002 (vous savez, cette date que « personne n’oubliera jamais et que tout le monde s’acharne pour que cela ne recommence plus). La question que je me pose est la suivante : sont-ils conscients de ce qui se déroulent à l’heure actuelle dans le pays ? Les troubles sociaux que nous connaissons ne se sont pas résolus par le saint effet de la sacro sainte équipe de France de football. Pourtant, rien ne semble bouger, et je crois qu’effectivement rien ne bouge. A cet égard, on lira le livre de Roland Cayrol : La nuit des politiques, Hachette Littérature.
Je disais que les citoyens hurlent, crient contre ce qu’ils croient injuste. Certes… Peut-être serait-il bon de concrétiser cet élan citoyen au quotidien, par l’engagement associatif, l’action personnelle, le vote systématique…
Y a-t-il encore de l’espoir ? Seul l’avenir nous l’appendra, mai 2007 sera fort à cet égard. Un candidat se dévoilera t-il comme supérieur, vraiment capable de résoudre les problèmes d’une société qui doute d’elle-même mais qui pourtant dispose de fortes capacités ?
Une chose est sûre, la solution est profondément politique.
Hefpé
18:13 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11 juillet 2006
La dégradation du climat social
Avec les victoires de la France au cours du second tour de la coupe du monde de football, on a assisté à des phénomènes absents en 1998, quand la France avait remporté la coupe du monde. D’une manière simpliste, on pourrait considérer que le nombre de « petits cons » comme certains les appellent a augmenté, que la délinquance augmente, et qu’il faut réprimer.
Ce discours simpliste, caricatural est bien présent. Mais que veulent dire ces actes déviants ? Il y a bien évidemment des explications.
Tout d’abord, le climat social se dégrade. Les crises que traverse la France actuellement (CPE, crise du pouvoir, crise parlementaire, modification de l’engagement militant…) créent un climat propice à l’exacerbation de rancoeurs, de violences, de réponses déviantes contre la société dans son ensemble qui ne serait plus capable de répondre aux attentes du peuple français. Un gouvernement autiste, un président de la République en décalage avec son pays, autant d’éléments qui préparent les conditions de bouleversements sociaux. Avec le président, le problème posé est patent. Alors que pendant des semaines on a attendu son arbitrage sur le CPE, puis sur Clearstream, puis sur l’action du premier ministre, puis sur la crise gouvernementale (premier ministre VS ministre de l’intérieur), il ne s’est prononcé que trop longtemps après, avec des réponses parfois décalées (je promulgue la loi sur l’égalité des chances, mais je demande de ne pas appliquer le CPE). Alors que pour l’équipe de France de football, il ne s’est pas fait attendre et il remonte séance tenante dans les sondages. Mais quel acte politique d’envergure a-t-il accomplit pour concourir à la résorption des difficultés sociales ? Aucun, malheureusement. Il ne fait qu’encourager la France, et il redevient sympa, donc on l’aime bien. Où est la cohérence dans ce comportement ? Nul part évidemment. C’est, je pense, une démonstration supplémentaire du décalage entre le président de la République et les attentes réelles des français.
Les violences constatées, elles, ne font pas l’objet de réponses de long terme. On ne voit pas le bout de la crise. On en vient à se demander s’il y a encore de l’espoir. Oui, il y en a. Par une réponse forte de la population face aux politiques, par un engagement massif dans les associations, les partis, par une baisse conséquente de l’abstention, on pourra faire comprendre aux décideurs que le peuple a à cœur de s’emparer de la chose publique, de ne pas la laisser se faire en secret dans le secret des palais de la République.
Ainsi, les violences de la coupe du monde ne sont sans doute qu’une mise en demeure supplémentaire, une sorte d’appel à l’aide, qui bien sûr devra être réprimé dès lors que des infractions ont été commises, mais il ne faudrait pas oublier, au nom d’une démagogie par trop présente sur la scène politique, de donner des réponses de fond, durable, encore une fois, la répression seule ne saurait suffire. Il faut s’interroger sur les motifs profonds de cette violence qui gagne, de ce climat nuisible à la société, répondre clairement par des mesures qui prennent en considération ceux qui se sentent lésés à juste titre.
2007 sera l’année qui permettra ce changement massif, en montrant aux candidats que certes il y a deux grands partis qui structurent la vie politique française, mais si l’on veut un changement, tirer un coup de semonce, il ne faut pas hésiter à voter pour des partis alternatifs, pour dire que ce modèle de société est périmé, qu’il faut en finir avec cette façon de faire de la politique. C’est ainsi que l’on peut changer les choses, pas en se détournant de la politique.
Hefpé
17:08 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28 juin 2006
Une drôle de journée…
Hier, c’était le victorieux France-Espagne. Mais la journée était bizarre. Plus exactement, tout commença la veille, vers 20H30.
La France en état de crise, les salauds qui tirent sur notre meilleure représentation ! La meilleure représentation étant l’équipe de France de football, et Jacques Chirac la défendait avec autant d’ardeur que pour son premier ministre.
Alors oui, je m’interroge. A l’entendre, ce crime de lèse-majesté est intolérable : critiquer l’équipe de France, relativiser l’évènement sportif, quel drame ! Ces héros qui nous représentent si bien, que ferions-nous sans eux ?
Eh bien, je ne sais pas. Tout notre prestige international se jouerait sur le dos de l’équipe de France ?
Ni cet excès d’honneur : je crois –j’espère- que les joueurs sont conscients qu’ils doivent rejeter cet excès d’honneur,
Ni cet indignité, je crois que c’est indigne de la France d’élever au rang d’ambassadeur de la République des sportifs, avec tout le respect qu’il convient de leur porter ne serait-ce qu’en raison de leur humanité (tout homme a droit au respect).
Bref, je ne comprends pas, je voudrais que l’on m’explique comment on a pu en arriver là : là où le sport dicte notre vie, notre avenir, alors que tout ceux qui ont conscience des intérêts nationaux savent que cela est secondaire, ériger cette équipe en étendard du pays : quel erreur grossière ! La démocratie est-elle si loin de nous ? Oui, ils sont désignés comme représentants par certains, sans élection. Que représentent-ils ? Devant les nations plus pauvres : l’arrogance des pays du Nord, devant les nations plus riches : une certaine forme de prétention. Volontairement ou pas. Mais s’ils devaient avoir un destin victorieux jusqu’à la fin, comment se comporteraient-ils ? Encore beaucoup de pub ? Et après ?
Et Zidane est là, ce nouveau de Gaulle. Remettons les choses à leur place, les bleus ne méritent pas cet excès d’honneur, ils doivent être considérés comme ce qu’ils sont : des sportifs en compétition à l’étranger, comme les handballeurs ou les basketteurs, pas comme des héros, ils n’en sont pas.
LE journal de 13H de TF1 hier (une fois de plus) était tout à fait grand guignolesque.
Alors que le président de la République s’était exprimé la veille au soir, dans la crise que connaît actuellement notre pays cela me paraît important, l’essentiel de ce journal est fait sur le match France-Espagne du soir, avec le logo symbolisant l’édition spéciale (personnellement j’aurais fait une édition spéciale sur l’intervention de Jacques Chirac).
Mais il y a une explication, l’animateur du journal (pas présentateur, Pernaut est tout sauf un journaliste), de ce rendez-vous d’actualité où les faits divers se le disputent aux prises de positions insidieuses, au matraquage idéologique lancinant, pervers et hypocrite, nous rappelle plusieurs fois que le soir « toute la France regardera TF1 ». ET oui, cette dernière est une chaîne commerciale, et en guise d’information, elle fait sa propre publicité, méprisant l’actualité, méprisant le téléspectateur qui est instrumentaliser, transformer en simple objet de consommation. ET pourtant c’est le premier journal de France, et le plus mauvais à n’en pas douter, et France 2 s’en rapproche tout doucement, mais si sûrement.
Hefpé
12:11 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
23 juin 2006
Le temps ne fait rien à l'affaire...
Pour comprendre la note, je vous invite à lire ce lien.
Voilà, lecture faite, que dire? Sinon que certains membres de cette corporation qu'est l'agriculture sont marquées du sceau de la niaiserie, du vide intellectuel qui caractérisent la plus basse des bêtises. Toute société a son quota de débiles profonds.
Mais là, on va au delà de l'entendement, au dela de la pire des haines que l'on puisse imaginer, avec une formulation d'une cruauté inconvenante, indécente, lorsque l'on se rappelle qu'il y a eu deux morts. A ce niveau des abysses de l'indigence intellectuelle, je ne sais quelle solution apporter, quelle solution la société pourrait elle apporter? En l'espèce, une amende c'est déjà pas mal, mais parfois, j'ai bien envie d'être beaucoup plus dur, que la société déverse toute sa capacité répressive sur ceux qui n'ont plus d'autre but que de faire mal, que de détruire, que de mentir.
Renouvellons notre soutien eux contrôleurs et inspecteurs du travail, et notre mépris le plus fort envers ces gens là, auxquels il faudrait partout barrer la route pour les réduire.
Hefpé
19:23 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
18 juin 2006
Que la bête meurt!
Un peu plus d’une semaine que c’est commencé, et déjà le sentiment d’un ennui profond m’étreint. Le football, dictature sportive jusqu’au 9 juillet prochain, pas d’échappatoire, pas d’évasion, une vraie prison qui ne dit pas son nom.
Tous les media nous en parlent, seule la mort de Devos a pu calmer –temporairement- ces ardeurs sportives… Mais elles reprennent, doucement, un peu comme un avion gros porteur. Doucement, puis de plus en plus vite, jusqu’à en devenir assourdissantes.
Et évidemment le désastre français alimente les conversations de comptoir. Normal, ces champions d’un jour en 98 sont aujourd’hui les vaincus, en tout lieu, en tout temps, ils n’arrivent plus à convaincre, ont-ils jamais convaincu ? Et si 1998 était un rideau de fumée ? Et si ce feu d’artifice de réussite, à trop éblouir, en avait fini par nous aveugler face à la réalité de ce qu’était le jeu de l’équipe de France ?
Mais la je m’avance, je ne suis pas la coupe du monde, pas même les matchs de l’équipe de France… Hérésie ? Anti patriotisme ? Certes non. Réalisme répondrais-je. Comment pourrais-je faire croire que mon patriotisme passe par le football et une équipe qui fait rire ? Qui pendant un temps s’est davantage attachée à la publicité et ses grasses rentrées financières qu’à un beau jeu qui illuminerait la France ! Qui ridiculise le football français selon certains.
Et d’ailleurs, qui croit sincèrement à la moindre chance pour l’équipe de France de gagner ? Qui ?
Cette équipe qui nous la joue « secret défense ». Les joueurs qui sont ces stars qu’on approche pas. Et vous voulez que je les soutienne ? Au nom de quoi ce narcissisme, cette prétention devrait m’amener à les soutenir. Ils sont si loin, et quel service nous rendent-ils ?
Une grosse machine, distante, prétentieuse, méprisante qui observe ce qui se passe autour d’elle. Qui fait la une des journaux et pour quoi ? Pour une victoire il y a 8 ans, et surtout pour des millions d’euros. Et certains viennent nous parler des fonctionnaires, à ceux-là aussi je parlerais volontiers de cohérence intellectuelle !
Ces joueurs qui utilisent leur statut d’idole pour nous faire la leçon, pour prêcher la bonne parole. Comme s’ils y étaient légitimes.
Cette grosse machine qu’est l’équipe de France, je n’ai aucune sympathie pour elle. Qu’elle change, apprenne l’humilité, la simplicité, la réalité. Qu’elle se transforme, se révolutionne, innove, réapprenne le sport et ses vertus.
Cette équipe est fixée au mouvement qui l’a commencé – c'est-à-dire 1998-, elle est finit ! Que la bête meurt, qu’une autre nous apparaisse.
Hefpé
15:15 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18 avril 2006
Un peu de pédagogie
Voilà bien longtemps que je n’ai plus écris.
Le temps me manquait.
Je vais faire l’impasse sur le CPE et réfléchir sur la lutte qui continue de la part des étudiants.
Le but est claire : l’abrogation de tout ou partie de la loi sur l’Egalité des chances et notamment des points qui laissent à désirer (travail des mineurs de 14 ans, de nuit dès 15 ans, suppression des allocations familiales pour les « parents indignes » par le président du conseil général et non par un juge…).
Voilà de biens louables combats.
Cependant, les étudiants et autres qui ont combattu le CPE ont gagné grâce à un point : leur force pédagogique. Aujourd’hui celle-ci est quasi nulle. Leurs actions sont illisibles ou incomprises.
Leur but est tout aussi intéressant que pour le CPE : maintenir un minimum de protection sociale, car réformer un pays ce n’est pas revenir trente ans en arrière, mais trouver de nouvelles formules sociales. Gouverner c’est prévoir, que les politiques prévoient !
Alors pour les actions étudiantes, il convient sans doute pour eux de reprendre tout le travail à zéro, recommencer les discussions etc.…
Et contrairement à ce que j’entends dire à droite ou à gauche, ces revendications ont été votées dans leur coordination nationale il y a maintenant au moins 3 semaines, cela fait bien longtemps qu’ils vont au-delà du CPE et du CNE.
Hefpé
17:33 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23 février 2006
Les caricatures
Depuis plusieurs semaines maintenant, le monde est bousculé par l’affaire des caricatures… Mahomet, malgré tout le respect que l’on lui doit, on peut le caricaturer, disons le clairement, et il est même souhaitable qu’il en soit ainsi.
En effet, si l’on a peur de caricaturer une religion, cela veut dire qu’on retourne avant les analyses wébériennes, sous l’absolutisme, on donne une telle importance au sacré que cela donne une légitimité pour d’une part s’en prendre au pouvoir temporel (dégradation de ses représentations), et d’autre part cela force le pouvoir temporel à s’excuser devant les religieux ! Du jamais vu depuis l’affaire du chevalier de la Barre rappelée à dessein par l’excellent hebdomadaire Marianne (n° 461, 18 au 24 février 2006). C’est le XVIIIe siècle, et je vous renvoie au numéro 460 de Marianne avec les articles concernant la « Grande régression ».
Et ces caricatures, selon certains, sont mêmes de nature à expliquer les menaces de mort, les pires agression que connaissent les caricaturistes, et certains occidentaux dans les pays les plus atteints.
Et nos politiques s’excusent, les trois religions monothéistes sont scandalisées (il leur en faut peu, je les entend crier « au loup » plus que pour les attentats, que pour les prises d’otages…). Mais c’est vrai ces caricatures sont graves, mais cette ampleur n’est-elle pas due au fait que l’on a caricaturé le représentant de l’islam ? On a peur de faire avec l’islam ce qu’on fait avec les autres religions, ces caricatures sont bien évidemment salutaires, et renvoie la religion à sa place, une place marginale, une place qui nous permet d’en rire très fort, quel que soit ces religions soutenons ceux qui s’en moquent, pour la liberté de la presse, pour la DDHC de 1789, pour les lois de juillet 1881 sur la presse, et pour la loi du 9 décembre 1905. En bref, pour notre liberté.
Hefpé
12:19 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06 décembre 2005
Les banlieues
17:52 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Outreau : une responsabilité duale voire générale
Pendant de longs jours, comme vous, j’ai entendu la Justice que l’on accable de tous les maux. Elle est injuste, lente… Responsable d’Outreau. Je me suis tu, pour essayer de comprendre. Cela m’a interpellé car on constate ici le décalage avec la réalité.
Rappelons d’abord une évidence, c’est la Justice qui a acquitté les accusés. Deuxième évidence, elle s’est dramatiquement trompée.
Néanmoins, il y a un mort. La Justice ne l’a pas tué, pas toute seule. Ce n’est pas la Justice qui ne respecte pas la présomption d’innocence, aux termes de la loi, mais les media. Ce sont eux qui ont déclaré coupables ces pauvres gens, une personne est déclarée coupable par décision de Justice, à partir du moment où celle-ci a acquis l’autorité de chose jugée, la presse n’ pas cette autorité. Comme le disait Gilbert Thiel, premier juge d’instruction au TGI de Paris, au bas des jugements, la formule est : « la République française mande et ordonne », et pas « la République française et le Monde ordonne ». La Justice n’en a pas fait des pédophiles, elle en a fait des mis en examens, puis des innocents. C’est la Justice ou la Loi qui est en cause ? Certes le juge a sans doute fait pléthore d’erreurs, mais le manque de moyen des magistrats prend dans cette affaire tout son sens. Cette Justice que notre gouvernement délaisse fait des erreurs, et nous devons nous étonner ? Les béotiens s’étonneront, mais ils seront les seuls. Si nous écoutions les mises en garde de certains praticiens (magistrats, avocats, huissiers…), peut-être aurions nous, nous le corps social, agis contre cette politique injuste, qui crée une Justice injuste.
Peut-être que si chacun, et les journalistes en premier avait un minimum de culture, de connaissances juridiques, nous n’aurions pas traîné dans la boue ces malheureux. « Toutes les explications du monde, ne justifieront pas qu’on ait pu livrer aux chiens, l’honneur de [ces] hommes, et finalement [leurs] vies, au prix d’un double manquement de leurs accusateurs aux lois les plus fondamentales de notre société » (vous reconnaîtrez le discours du président Mitterrand lors de l’enterrement de M. Bérégovoy), qui protègent la dignité, et l’honneur : la présomption d’innocence, et un principe : « nul ne peut se faire justice à soi-même ». Nul n’a le droit de déclarer coupable quiconque, sinon les magistrats, pas même la presse. Pas même des écrits aussi lamentables que faux du journal Détective, qui impliquaient « un huissier, un prêtre, une boulangère, deux médecins… » C’est la Justice qui a bafoué la présomption d’innocence ? En quoi ? Avec des arguments juridiques, pas moraux, parce que le droit et la morale sont différents. J’entendais encore hier à la télévision un débat : « Peut-on faire encore confiance en la Justice ? ». La question ne se pose pas : bien sûr ! Mais pas dans les moyens qu’on lui alloue, car trop faibles pour une si grande tâche. Et les arguments que l’on entendait étaient servi pas la crème des ignorants du droit (« Le fait de ne pas savoir a remplacé le fait de savoir ») : untel qui se plaint du jugement rendu pour son divorce, un jugement soi-disant inique, mais connaissait-il la Loi ? Peut-on faire confiance à ceux qui ont eu à connaître la Justice, quand elle leur a donné tort ? Certes non. Et ce n’est pas difficile de comprendre : quand le juge donne raison c’est un dieu, s’il donne tort, c’est un salaud.
C’est un échec de notre société toute entière, personne ne s’en sort mieux qu’un autre. Nous sommes tous responsables… voire coupables ?
A lire : Le Monde 4-5 décembre 2005, Outreau : de la tempête médiatique au naufrage judiciaire.
Hefpé
17:05 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

